Février 2012

Laos

February 15, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

 

 

Descent of the Namtha River

 

I open an eye, uncertain of the hour.  The full moon through the mountain fog is diffused like a dim fluorescent bulb, pale gray all night long.  After the nocturnal visit of three characters who had awarded themselves police officer's caps, I barely dozed.  I got rid of them by affirming that I was accompanied.  I then fleshed out my story by speaking French inside my tent as though my interlocutor were right next to me.  But still, worry took over during the hours following the discovery of my camp.  The mere thought that my canoe could be stolen or borrowed during the night left me on high alert to the smallest sound until dawn.

 

ANOTHER MORNING

 

Everything is damp--the jungle's mist leaves its invisible imprint on every form it touches.  The brown water of the Namtha River doesn't seem to notice.  I observe this wild nature from one side of the river, where the jungle has woven a green curtain from dizzying heights, falling in a sheer cascade to the edge of the water.  I situate myself on the other side, where a sandy bank extends from the water's edge to the dense jungle.  

I'm sitting in my tent, the exterior wall raised.  My vision loses itself in memory and my spirit revisits the previous days' small villages suspended at the river's edge.  As though in an effortless world, I again travel down part of the river where the dogs take in their world in a meditative state, while the children on the path home from school round out their education with a smile worn as easily as their book bags.  

All the while, the surroundings come to life.  The sparsely feathered hens, barely escaping the broom wielded by a mama still waking up from her nap.  As though she wanted to show them that she was not going to let herself be trapped again by the gentle caress of her eyelids.  And still, these hens sing each day their unconditional order for one sun, to carry with them.

Under the house, attached to the pillars holding up the tiny bamboo dwelling, the hammock swings as though a ghost were enjoying a sweet moment of earthly rest.  But at second glance, I see only an old woman with worn-out skin bathing without embarrassment in the river, as ducks pass noiselessly from one house to the other, scavenging from left to right, with their ultimate destination the village's sewage canal.

The growling of my stomach brings me back to reality.  I re-center myself and my movements follow, simple and reassuring, a ritual repeated morning after morning for more than a year and a half.  No matter where I am: the Gobi Desert, Siberia, or deep in a bamboo forest in China, my movements are the same.  My tea kettle starts to hum quietly...

A few days later...

 

I EAT SILENCE

 

The solitude of my days, of my months, seems an important element.  Like in a good recipe.  Details of contemplation, from odors to colors, these moments that slip into me without disturbing me, without generating thought.  They nourish me simply by using silence to travel into me.  Noise and useless chatter isolate us and leave us hungry, so we start to eat, thinking this will take away the feeling of hunger... but we are mistaken about food.  

I think about this between two bouts of fever, inert for more than two days in my tent.  The chills run through my bones as though they were highways.  My head, shaken up by a fever of more than 104 degrees, focuses endlessly on the stream in a permanent blur.

I wonder if it's dengue fever, or bird flu, or even malaria... my doctor won't answer any of my calls.  With the help of my satellite phone, I finally ask for a boat to take me to the nearest clinic.  It will take another day and a half for the boat to find me.  By that time, the fever has gone down and the gastro-intestinal symptoms have gotten worse.  Rest and a good antibiotic that I prescribed myself took care of it.

I write you with my shoes on my feet, ready to head out, feeling great and steeling myself to avoid a relapse.  I'm going back out to rediscover the mountain mist...

 

 

 

 

Thaïlande

February 15, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

Thailande

Les chemins de traverses me guide comme espéré, en direction des montagnes de l'ouest. Mon "pas" ne se mesure plus en kilomètres mais en heures de marche - 6h - par jours. Mon corps a changé, les dernières semaines de marche ont été accompagnées par une nourriture enfin équilibrée, vivante. Fruits, légumes, oeufs, riz noir. La rapidité d'adaptation du corps me fascine toujours autant. Une perte de poids significative et un muscle enfin nourri ont redessiné mon corps. Les odeurs humaines me collent à la peau. J'attends avec impatiente l'isolation, la jungle d'altitude qui va à nouveau réveiller l'amazone en moi ;-) Mes yeux s'ouvrent chaque matin en ayant intentionnellement oublié "hier". Les prémices du jour me réveille chaque matin avec exactitude et fidélité.

Le Riz à mes côtés

Je me suis rendue compte que mes pas ont suivi un cycle complet du riz : de Chine (plantation) au Laos (récolte) puis en Thaïlande (labourage et plantation à nouveau des jeunes pousses).

Les canaux d'irrigation reliant les rizières laissent l'eau s'engorger à une vitesse lente. Celle-ci court de partout avec enthousiasme, comme si elle avait été retenue, telle une vieille eau qui retrouve ses jambes de jeune fille. Elle a pourtant dû attendre que les buffles d'eau piétinent et labourent la terre boueuse de toutes leurs forces en tirant une charrue basique, mais efficace dans ce type de sol. Au fil des jours, l'eau recouvre tout. Soudain une vie aquatique s'active... Le dessus de l'eau frise, des amphibiens essayent  d'échapper aux échassiers postés là, pas par hasard. Le coucher de soleil se reflète dans ce miroir géant que forme les terrasses minutieusement nivelées à des altitudes différentes laissant l'eau naturellement déborder d'une terrasse à l'autre. Une silhouette se devine au loin, se déplaçant si doucement qu'elle donne l'impression de flotter au dessus de la réverbération.
Les buffles d'eau ont fini leurs travaux herculéens pour la saison. Ils se régalent les pieds aux secs, de tiges de riz séchées. Les fermiers  empilent ces tiges soigneusement en hauteur, formant telle une" stupa " éphémère pouvant s'élever à plus de 3 mètres du sol.

Les buffles d'eau ... Gardiens du temps

Sur mon passage, nos regards se croisent, leurs douces personnalités m'impressionne à chaque rencontre. Les buffles d'eau me sentent, bien avant les chiens ou les humains. Silencieusement, leurs naseaux se dilatent, ils me reniflent de bien loin. Je vois leurs têtes me chercher dans le paysage, coiffées de leurs cornes en demi-lune. Leurs gestes sont si lents qu'ils me font penser à des gigantesques gardiens du temps. Je pose alors mon sac à dos à proximité et passe un temps a leur fredonner une mélodie qui a voyagée, racontant d'autres terres, d'autres odeurs....
Ces scènes me rappelle le vas-et-vient des vaches de mon village qui avaient le même horaire de sortie que les pendulaires encore endormis, au volant de leurs voitures. Ceux-ci,  pestant contre ces douces et lentes créatures que le bâton du fermier n'a jamais fait avancer plus vite. Ma mère a toujours trouvé cela rassurant, et à chaque fois que l'ont était bloqué par les différents troupeaux qui traversaient notre petit village de 500 habitants, elle  les regardaient avec tant d'émerveillement, comme si c'était des animaux exotiques. Pendant ce temps, à travers elle, j'apprenais lentement à voir.

La chaleur de ces terres...

Je cherche les ombres végétales pendant que le soleil est soleil. Son amitié se colle à ma peau et magiquement fait apparaître des lignes de sel sur mon t-shirt, comme des cartes aux trésors mystérieux qui se renouvellent à chaque lavage.

Les thailandais des campagnes ont cette gentillesse dans les yeux, associés à leur hospitalité qui me laisse songeuse dans l'effet miroir que me reflète ma "swiss attitude".

Silhouette étrange

L'orange intense des longs tissus soigneusement enroulés habillent les corps des moines. Ils sont présents, juste là, dans le décor. Je m'y habitue  en surface, mais au fond de moi ces robes flottantes, ces têtes rasées de ,près laissent une trace sans explication. Nos regards se croisent souvent...On essaie de se lire mutuellement, si différents du moins de part nos accoutrements qui nous différencient de l'autre. Du coté Laotien à Luang Prabang j'avais surpris les moines jouer avec les chiens des rues, à les nourrir en partagent la collecte des offrandes avec eux (principalement du riz collant ). D'ailleurs, une des seules fois ou j'ai vu des moines sourires.

Où est Sarah ?

Je suis à la base des montagnes de l'ouest au nord de la Thailande, prête pour prendre de la hauteur et me perdre dans la brume d'altitude ...
Toujours dans l'espoir d'un échange de regards avec un Tigre!

A bientôt pour de nouvelles aventures

Sarah

Ce qui n'a pas de sens a parfois une signification écrivit M.Herzog

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