IRKUSKT (Sibérie)

September 19, 2011 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

J'étais au bord du lac Khovsgol (Mongolie) lorsque la bonne nouvelle est arrivée par SMS. Mon deuxième passeport venait à l'instant arrivé en retour du courrier avec 3 mois de Visa Russe.
Quelques jours plus tard seulement mon avion atterrissait de nuit à l'aéroport d'IRKUSKT (Sibérie).
Ce nom résonne en moi, fascinée depuis des années par ces bouts du monde, j'ai lu passablement d'ouvrage mentionnant furtivement ou plus longuement " IRKUSKT". Mais aujourd'hui je n'étais pas en train de lire mes yeux coller aux pages d'un récit.

Aéroport & bureaucratie

Natalia mon contact sur place m'attendais patiemment. Pendant ce temps de l'autre côté de la porte en verre une grande dame russe en uniforme vert bouteille effectue un check de bagage en bonne et due forme m'expliquant que je dois m'acquitter d'une surcharge de bagage pour la Russie. La somme exorbitante que j'avais payé en Mongolie ne les concerne pas.
L'officielle me regarde droit dans les yeux et j'entendis pour la première fois " c'est la procédure " ... Avec un ton dans sa voix qui laissait peu d'espoir.
Malgré l'heure tardive (1h du matin ) Je déploie encore un peu d'énergie avec la ferme intention de ne pas me laisser avoir par une gardée en manque de "cash". Je décidai alors de tout sortir mon matériel, là au milieu du passage: charrette, casserole, pompe à eau tente, matelas etc...
Un rire amusé résonna bientôt : - pourquoi n'as-tu pas pris ton mari avec toi ?
Je relève la tête de mon matos - faut qu'il travaille un peu !!!
Alors dans un éclat de rire générale elle me fit signe de ramasser mes drôles d'affaires et de quitter les lieux. C'est ainsi que j'entrais officiellement en Sibérie.

01.08.11 Un départ sous le soleil

Port Baikal est mon point de départ. Selon les cartes basiques que j'ai pu trouver, j'allais pouvoir contourner le lac par le sud. Coincer entre le lac et les rochers j'ai marché ou plutôt (tressauté) plus de 7 jours sur une ligne de chemin de fer seul et unique espace disponible. Ma charrette qui me suit normalement sans trop de bruit est accrochée soigneusement à ma ceinture par 2 grands mousquetons. Nous avons passé par moment périlleusement 39 tunnels (au total 9km) et 248 ponts. Tout en partageant la voie avec plusieurs convois en tout genre allant d'un (self made chariot) pour les locaux qui se déplacent sur les voix entre les horaires des trains officiels, des convois de touristes entassés dans des wagons désuets, une ancienne version restaurer d'un train a vapeur de lux: a éviter absolument sans quoi la "cuisson a vapeur" sous pression ressemble grandement au partage de tunnel.

La Nature prend le dessus :

Et pourtant les fleurs sont partout, me chatouillant les dessous de bras par moment, tout est plus" grandit" ici, dense et intense dans les nuances. Je me trouve embaumé des odeurs d'humus et de chlorophylle. Accès à la vertical par endroit, seul la végétation rencontre le lac. Étendue qui laisse l'esprit en suspend. Douce déconnection comme si un bouton " pause " s'enclenchait par moment. Hypnotique Monsieur Baikal (selon les locaux). De loin immerge timidement les Nerpa (phoque d'eau douce) avec leurs petites têtes rondes et luisantes juste le temps nécessaire pour reprendre leur souffle. Je ne peux mentionner les phoques sans penser aux magnifiques passages du livre de: Clarissa Pinkola Estes / femmes qui courent avec les loups
Lorsqu'elle compte et analyse - peau de phoque, peau d'âme (je vous laisse curieuses et curieux découvrir cet ouvrage magnifique)

Les Nerpas sont l'unique variété de phoques d'eau douce au monde. On y totalise une population de 60'000 individus vivant dans la plus grande réserve d'eau douce ( 80 %) Russe.

Canne à pêche au repos

Loutre, Nerpa, oiseaux d'eau...etc, je ne prendrai pas le risque de pêché (par malheur) un de ces magnifiques habitants des berges, je m'abstiendrai donc ...
Ma route est encore longue... A l'aube de notre rencontre je l'aime déjà brute et vibrante, il règne ici en Sibérie une énergie qui dévore celui qui n'aurait pas compris que chaque instant est survie...

© 2012 Sarah Marquis - Tous droits réservés