November 26, 2011 par Administrator
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J'ouvre un oeil, incertaine de l'heure. La pleine lune associée au brouillard des montagnes a diffusée telle une ampoule éco, une lumière grise claire toute la nuit. Après la visite nocturne de trois personnages qui se sont octroyés la casquette de policier, je n'ai guère fait que de somnoler. Je m'en suis débarrassés en affirmant que j'étais accompagnée. J'ai alors rendu la chose vivante en parlant en français, à l'intérieur de ma tente comme si mon interlocuteur était à mes côtés. Et pourtant, l'inquiétude m'a gagnée durant les heures suivant la découverte de mon camp. La simple pensée que mon canoë puisse être volé ou emprunté durant la nuit, m'a laissé en alerte, du moindre faux bruit jusqu'au petit matin.
UN MATIN D'ICI
Tout est humide la brume de la jungle laisse sa patte invisible sur chaque forme visitée. L'eau brune de la rivière Namthan semble ne pas remarquer. J'observe cette nature sauvage où d'un côté de la rivière, la jungle a tissé un rideau vert aux hauteurs vertigineuses qui tombe a pic jusqu'au bord de l 'eau. Je me situe sur l'autre rive où un banc de sable s'étend du bord de l'eau jusqu'à la jungle dense.
Je suis assise dans ma tente, la tenture extérieure relevée, mon regard alors se perd et mon esprit revisite les petits villages suspendus sur le bord de la rivière des jours précédents... Comme dans un monde sans effort, je redescends une partie de la rivière... Là où ... Les chiens scrutent dans une contemplation pleine de zenitude, pendant que les enfants sur le chemin du retour de l'école, parfont eux-mêmes leur éducation, avec un sourire comme cartable.
Pendant ce temps, le décor prend vie. Les poules aux pelages peu soyeux, échappent de peu aux coups de balai donnés par une ma-ma qui s'efforce de sortir de sa sieste. Comme si elle voulait leur montrer qu'elle ne s'était pas laissé piéger encore une fois, par la douce caresse de ses paupières. Et pourtant, ces poules là, chantent inconditionnellement chaque jour, l'arrivée d'un " soleil à l'emporter".
Sous la maison, attaché aux piliers porteurs de la petite maisonnette en bambou, le hamac se balance comme si un fantôme profitait d'une petite douceur terrestre. Mais à mieux y regarder, une forme inerte donne tort à ma première hypothèse. Pendant qu'une vieille femme à la peau usée se lave sans gêne à la rivière, les canards passent sans bruit d'une maison a l'autre, fouillant de gauche a droite, ayant comme ultime destination de choix:« le canal d'évacuation du village».
Le ronronnement de mon estomac me ramène a la réalité, je reprends mes esprits et machinalement mes gestes suivent, simples et rassurants, un rituel répété matin après matin, depuis plus d'une année et demi. Peu importe l'endroit: désert du Gobi, Siberie où, encore plongé dans une forêt de bambou en Chine, mes gestes sont les mêmes. Ma théière se met à ronronner gentiment...
Quelques jours plus tard...
JE MANGE DU SILENCE
La solitude de mes journées, de mes mois, me semble un élément important. Comme dans une bonne recette. Des détails à la contemplation, des odeurs aux couleurs, ces moments se glissent en moi sans me déranger, sans me prendre la tête. Ils me nourrissent simplement en utilisant le silence pour voyager jusqu'à moi. Le bruit et les bavardages inutiles nous isolent et nous laissent avoir faim, alors on commence à manger, pensant que cela va réduire cette sensation de faim... mais on se méprend de nourriture.
Je pense à cela entre deux poussées de fièvre, inerte depuis plus de deux jours dans ma tente. Les frissons parcours mes os comme si c'étaient des autoroutes. Pendant que ma tête, commotionnée par la fièvre à plus de 40 degrés, ne cesse de fixer la rivière dans un flou permanent.
Je pense a la Dengue ou la fièvre du poulet ou encore la Malaria... mon médecin ne répondra à aucun de mes appels. Je demande alors qu'un bateau m'emmène au dispensaire le plus proche, à l'aide de mon téléphone satellite. Il faudra encore 1,5 jours pour que le bateau me trouve. La fièvre a alors baissée et les crises de foie s'amplifient. Le repos et un bon antibio que je me suis prescrite moi-même, ont fait l'affaire.
Je vous écris les chaussures au pied, prête à repartir, en grande forme, mais cette fois sur terre ferme, pour eviter une rechute. Je pars retrouver le brouillard des montagnes...
October 31, 2011 par Administrator
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Après la Sibérie je suis arrivée à Bangkok lieu de passage obligatoire pour me rendre au Laos où mon ravitaillement a été prévu. Voilà 4 mois qui se sont écoulés depuis mon dernier ravitaillement.
Gregory (chef d'exped) m'attendait avec deux gros sacs pleins de matériel. Cordes, harnet, hamac, nouveau filtre à eau etc... Je repars avec seulement mon sac à dos, je suis tellement contente de retrouver ma liberté. Si ma charrette a rendu possible mes longues traversées sans possibilité de trouver de la nourriture en Mongolie et Sibérie, le Laos sera différent. Je compte en partie sur la nature pour compenser ce que je ne pourrai trouver dans les petits villages de montagne.
Nord du Laos
Je vais repartir de la frontière Chine / Laos. Mais avant cela je dois comprendre la jungle,l'apprivoiser, la sentir respirer.
Je m'envole demain pour le Laos où l'expédition reprend sa ligne d'origine. Cette fois je vais plonger dans un grand bain de luxuriante verdure. Je me sens comme devant une nourriture inconnue. Cette découverte qui m'attend me laisse un goût de débutante dans la bouche et j'aime cette fraîcheur prometteuse.
October 5, 2011 par Administrator
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Sideways glances, bodies moving in the distance, furtive silhouettes coming out of the forest with heads furrowed by alcohol, the local drug of choice. Silences and thinness, empty looks. This is how the inhabitants appeared to me, even as they avoided me most of the time.
Birch and spruce share the terrain with flies, mosquitoes, and other unidentified flying specimens that pursue me in clouds. This intensity that the taiga gives off is so palpable and so contradictory to the inhabitants of this region of the world. The south of Siberia seems to be in the process of decomposition like a fungus in slow motion. Cubic concrete carcasses of all sorts from the Soviet era are still here, naked as skeletons.
End and new beginning:
Sitting on the edge of this dirt track, I take off my gloves, I take out my thermos which is carefully stowed in a lateral pocket of my backpack--and raise my head to a noise that catches my attention. Innate protective reaction, I jump back just in time, as a dozen army tanks come hurtling past.
I'm not more than a few kilometers from the Mongolian border, and military vehicles of all shapes and sizes track over the earth like ants. At the top of a steep slope where the forest reaches all the way to the edge of the asphalt road, Kyarta suddenly appears. Frontier town of about 10,000 inhabitants, it was rich and opulent in the time when Siberian furs moved south and the tea arrived by caravan from China. I'm curious to see what remains in our time.
I feel elated from the inside, a euphoric sensation. As I move through this small community, I let the little wooden houses surrounded by decrepit fences roll out before me. Sheet metal and rust act as decoration. I meet closed faces; I direct myself towards the town's center. I have arrived.
Kyarta (Siberian/Mongolian border:
I find myself drinking an instant coffee, elbows on a mini-counter. The passers-by look at me quizzically but without interest. Exactly that: without interest.
Here, nothing different, and yet I see the caravans, the dust rising at their passage, the accompanying sounds, the strong odors of animal excrement, the laughter of the merchants, the shouting at the street corners, the comings and goings. The rhythm of the old life intense and lively.
I raise my head; in that instant I was lost in the steaming vapors of my coffee. I am leaning on the little wooden counter, in the middle of town. The cold wind chills my bones.
Mission accomplished: Siberia is behind me.
ExplorAsia the sequel:
I'm going back to Irkuskt where an airplane will take me to Bangkok to resupply; I have to pass through anyway on my way to Laos. Four months have slipped by since the last time I switched out my gear. I'll have 6 days to do everything: visa, new wilderness gear, and rest a little. My body needs fresh fruit and food with energy. Then it's on to the China-Laos border, south: Laos, Thailand, Borneo, Australia,New Zealand.
I've been walking for over a year... one step after the other, I become closer to myself. I walk, but more than that I tame time, scents, my safety, my sleep at night and the new day.
Alone, I look to myself for survival. My environment is Alice's Wonderland; everything has the taste of the extraordinary.
Sarah
October 5, 2011 par Administrator
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Des regards en coin, des corps qui bougent au loin, des silhouettes furtives qui sortent de la forêt aux têtes burinées par l’alcool; la drogue par endroit. Silences et maigreurs, regards vides. C'est ainsi que les habitants me sont apparus m'évitant la plupart du temps.
Bouleaux, épicéas se partagent le terrain avec mouches, moustiques et autres spécimens volants non identifiés qui m’ont poursuivi par nuage. Cette intensité que la Taiga dégage est tant palpable et tellement en contradiction avec les habitants de cette région du monde. Le sud de la Sibérie semble se décomposer comme un champignon au ralenti. Les carcasses cubiques de béton en tout genre de l’époque soviétique sont toujours là, nues comme des squelettes.
Fin et recommencement :
Assise au bord de cette piste en terre, je retire mes gants, je cherche mon thermos qui est soigneusement enfoncé dans une poche latérale de mon sac à dos, je lève la tête un bruit m’a alerté. Réaction de protection innée, je saute en contrebas juste à temps, lorsqu’une dizaine de chars de l’armée arrive en trombe.
Je ne suis plus qu’à quelques kilomètres de la frontière Mongole, véhicules militaires en tout genre et uniformes parcourent le sol comme des fourmis. Au bout d’une descente toboggan où la foret s'érige jusque sur les bords rapprochés de la route d'asphalte; Kyarta soudain se montre. Ville frontière d’environ 10'000 habitants, riche et opulente au temps où les fourrures de Sibérie transitaient au Sud et que le thé arrivait par caravanes de Chine. Je suis curieuse de voir ce qui reste de ces temps-là.
Je suis excitée à l’intérieur une sorte de sensation euphorisante, je m’avance dans cette petite communauté, je laisse défiler les maisonnettes de bois entourées d’une palissade décrépie, tôle et rouille font office de garniture. Je rencontre des visages fermés; je me dirige vers le centre, je suis arrivée :::
Kyarta - frontière Siberie / Mongolie
Je me trouve à boire un café instantané, accoudée à un mini-comptoir, les passants me regardent interrogés mais sans plus de curiosité . Oui c’est cela : « sans plus de curiosité »
Ici rien de différent, et pourtant je vois les caravanes, la poussière se lever au passage de celle-ci, les bruits d’alors, les odeurs fortes des excréments d’animaux, les rires des marchands, les engueulades au coin des rues, le mouvement des va-et-vient. Le rythme de la vie d’avant, intense et si vivant.
Je lève la tête, l’espace d’un instant je me suis perdue dans les vapeurs brûlantes de mon café.
Je suis accoudée au petit comptoir de bois, au centre de la ville, le vent froid traverse alors mes os.
Mission accomplie, la Sibérie est derrière moi.
ExplorAsia Suite ...
Je vais rejoindre Irkuskt où un avion va me déposer à Bangkok où j’ai mon ravitaillement.
passage obligé pour me rendre au Laos. Voilà 4 mois qui se sont écoulés depuis le dernier changement de matériel. J’aurai alors 6 jours pour tout préparer; visa, nouveau matériel (jungle) et me reposer un peu, mon corps a besoin de fruits frais et de nourriture avec de l’énergie. Avant de rejoindre la frontière Chine-Laos puis progresser au Sud : Laos, Thaïlande, Bornéo, Australie, Nouvelle-Zelande.
Voilà plus d'une année que je marche...Un pas après l'autre, je me rapproche.
Je marche, mais plus encore j'apprivoise le temps, les odeurs, ma sécurité, ma couche pour la nuit et le jour qui arrive.
Seule, je survis à moi-même puis à mon environnement telle une visite " d'Alice au pays des merveilles " tout à le goût de l'extraordinaire
Sarah
September 27, 2011 par Administrator
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I was on the shores of lake Khovsgol, Mongolia, when the good news came by text. My second passport had just arrived by express mail with a three month Russian visa.
Just a few days later my night flight was landing at the Irkuskt airport in Siberia.
Fascinated for years by this part of the world, this name resonates in me. I've read quite a bit of material mentioning in passing, or in more detail, "Irkuskt." But now, finally, I wasn't reading, my eyes stuck in the pages of some story.
Airport and bureaucracy
Natalia, my local contact, was patiently waiting for me. Meanwhile, on the other side of the glass door, a tall Russian lady in a bottle green uniform conducts a vigorous and thorough baggage check, explaining that I need to pay a surcharge on baggage arriving in Russia. The exorbitant sum that I'd already paid in Mongolia doesn't concern them. The official looks me straight in the eyes and I hear, for the first time, "It's procedure," in a tone of voice that leaves little hope for negotiation.
In spite of the hour (1 am), I expend a little more energy with the firm intention of not letting myself be had by a guard in need of cash. So I decide to dump out all of my things, right there in the middle of the hall: cart, cooking pot, water pump, tent, mattress, etc...
Before long, amused laughter echoes through the terminal.
"Why didn't you bring your husband with you?"
I look up from my hardware. "Well, he needs to work a little!!"
In a shared burst of laughter, she waved for me to collect my odd assortment of possessions and leave. This was my official entry to Siberia.
8/1/11 A departure under the sun
Port Baikal is my point of departure. According to the basic maps that I was able to find, I should be able to go around the lake to the south. Stuck between the lake and the rocks, I have to walk (or really jump) for more than seven days on a railroad track, the only available space. My cart, which normally follows me without much noise, is carefully attached to my belt by two large carabiners. From moment to moment, we pass perilously through 39 tunnels (totaling 9 km) and over 248 bridges, all the while sharing the track with several convoys of all sorts. These range from homemade wagons destined for the immediate towns, occupying the tracks in the gaps between the hours of the official trains, to convoys of tourists crammed into old-fashioned train cars, antique versions of restored trains with an air of luxury--but to be avoided at all costs lest sharing the tunnels comes to resemble the ambiance of a pressure cooker.
Nature takes the upper hand
But the flowers are everywhere, even tickling the underside of my arm; everything is more over grown here, dense and intense in its nuance. I find myself *buried* by the odors of humus and chlorophyll. In spots, the access is vertical, and only vegetation touches the lake. Expanse that leaves the spirit suspended. A gentle disconnect as though, from time to time, the pause button is pressed. Hypnotic Mr. Baikal, the local name goes. Far away the nerpa, fresh water seals, surface with their round and shiny little heads, just long enough to catch their breath. I can't mention seals without thinking of the wonderful passage from the book by Clarissa Pinkola Estes, "Women Who Run with the Wolves," where she counts and analyzes--skin of the seal, skin of the spirit. (I leave you curious to discover this magnificent book for yourself.)
Nerpa are the only variety of fresh water seals in the world. The population totals 60,000 individuals living in the largest Russian fresh water reserve (comprising 80% of the fresh water in Russia).
Fishing pole at rest
Otters, nerpas, water birds, etc... I won't risk accidentally fishing one of these magnificent inhabitants of the banks, so I'll abstain.
My road is still long... At the dawn of our meeting, I already love it, brutal and vibrant. There reigns here in Siberia an energy that devours anyone who hasn't understood that each moment is survival.
September 19, 2011 par Administrator
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J'étais au bord du lac Khovsgol (Mongolie) lorsque la bonne nouvelle est arrivée par SMS. Mon deuxième passeport venait à l'instant arrivé en retour du courrier avec 3 mois de Visa Russe.
Quelques jours plus tard seulement mon avion atterrissait de nuit à l'aéroport d'IRKUSKT (Sibérie).
Ce nom résonne en moi, fascinée depuis des années par ces bouts du monde, j'ai lu passablement d'ouvrage mentionnant furtivement ou plus longuement " IRKUSKT". Mais aujourd'hui je n'étais pas en train de lire mes yeux coller aux pages d'un récit.
Aéroport & bureaucratie
Natalia mon contact sur place m'attendais patiemment. Pendant ce temps de l'autre côté de la porte en verre une grande dame russe en uniforme vert bouteille effectue un check de bagage en bonne et due forme m'expliquant que je dois m'acquitter d'une surcharge de bagage pour la Russie. La somme exorbitante que j'avais payé en Mongolie ne les concerne pas.
L'officielle me regarde droit dans les yeux et j'entendis pour la première fois " c'est la procédure " ... Avec un ton dans sa voix qui laissait peu d'espoir.
Malgré l'heure tardive (1h du matin ) Je déploie encore un peu d'énergie avec la ferme intention de ne pas me laisser avoir par une gardée en manque de "cash". Je décidai alors de tout sortir mon matériel, là au milieu du passage: charrette, casserole, pompe à eau tente, matelas etc...
Un rire amusé résonna bientôt : - pourquoi n'as-tu pas pris ton mari avec toi ?
Je relève la tête de mon matos - faut qu'il travaille un peu !!!
Alors dans un éclat de rire générale elle me fit signe de ramasser mes drôles d'affaires et de quitter les lieux. C'est ainsi que j'entrais officiellement en Sibérie.
01.08.11 Un départ sous le soleil
Port Baikal est mon point de départ. Selon les cartes basiques que j'ai pu trouver, j'allais pouvoir contourner le lac par le sud. Coincer entre le lac et les rochers j'ai marché ou plutôt (tressauté) plus de 7 jours sur une ligne de chemin de fer seul et unique espace disponible. Ma charrette qui me suit normalement sans trop de bruit est accrochée soigneusement à ma ceinture par 2 grands mousquetons. Nous avons passé par moment périlleusement 39 tunnels (au total 9km) et 248 ponts. Tout en partageant la voie avec plusieurs convois en tout genre allant d'un (self made chariot) pour les locaux qui se déplacent sur les voix entre les horaires des trains officiels, des convois de touristes entassés dans des wagons désuets, une ancienne version restaurer d'un train a vapeur de lux: a éviter absolument sans quoi la "cuisson a vapeur" sous pression ressemble grandement au partage de tunnel.
La Nature prend le dessus :
Et pourtant les fleurs sont partout, me chatouillant les dessous de bras par moment, tout est plus" grandit" ici, dense et intense dans les nuances. Je me trouve embaumé des odeurs d'humus et de chlorophylle. Accès à la vertical par endroit, seul la végétation rencontre le lac. Étendue qui laisse l'esprit en suspend. Douce déconnection comme si un bouton " pause " s'enclenchait par moment. Hypnotique Monsieur Baikal (selon les locaux). De loin immerge timidement les Nerpa (phoque d'eau douce) avec leurs petites têtes rondes et luisantes juste le temps nécessaire pour reprendre leur souffle. Je ne peux mentionner les phoques sans penser aux magnifiques passages du livre de: Clarissa Pinkola Estes / femmes qui courent avec les loups
Lorsqu'elle compte et analyse - peau de phoque, peau d'âme (je vous laisse curieuses et curieux découvrir cet ouvrage magnifique)
Les Nerpas sont l'unique variété de phoques d'eau douce au monde. On y totalise une population de 60'000 individus vivant dans la plus grande réserve d'eau douce ( 80 %) Russe.
Canne à pêche au repos
Loutre, Nerpa, oiseaux d'eau...etc, je ne prendrai pas le risque de pêché (par malheur) un de ces magnifiques habitants des berges, je m'abstiendrai donc ...
Ma route est encore longue... A l'aube de notre rencontre je l'aime déjà brute et vibrante, il règne ici en Sibérie une énergie qui dévore celui qui n'aurait pas compris que chaque instant est survie...
July 21, 2011 par Administrator
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sarah marquis, gobi desert, mongolia, explorasia
Je suis arrivée à Hatgal (base sud du lac) après 60 jours dans le Gobi pour faire une partie des kilomètres que je n'ai pas pu faire en Chine suite à mon arrestation.
Je suis encore sous le choc, même si je savais que cette partie de la Mongolie était la plus visitée je n'étais pourtant pas prête pour l'expérience HOVSGOL.
Je découvre le lac de loin en fin de journée après un long transfert de 6h de temps depuis la capitale ULaanbaatar dans ma charrette tout est prêt, avec de la nourriture pour 12jours, 1l d'essence pour mon réchaud, une canne a pêche avec des cuillères, rapala et simple bouchon et hameçon si part hasard le "lancer" ne marche pas, je vais pouvoir pécher à la ligne de "fond". Et une longue corde qui va me permettre de suspendre ma nourriture dû à la présence des ours.
Et me voilà fin prête pour faire le tour du lac et me perdre dans la TAIGA en remontant ces multiples rivières. J'étais Impatiente de voir de l'eau avant que j'ai pu vraiment approcher le bord du lac l'eau est arrivée du ciel, des trombes d'eau ont atterrir sur le tendre tapis vert parsemé de fleurs sauvages toute la journée. Un mélange d'épicéa matures sortent comme des soldats du sol, pendant que les cailloux plat du bord du lac donne cette envie de toucher et de les aligner soigneusement avant d'en tapisser le sol votre salle de bain.
La profondeur du lac est de 262 mètres et représente le 65 % de l'eau douce de Mongolie. L'expression "cristal clair " s'impose ici, peux importe où vous regarder cette eau est froide et limpide.
La rudesse que laisse deviner le paysage par endroit, me fait presque oublier le long hiver rigoureux que subit cette région, j'en frissonne moi qui ai déjà subi un hiver Mongole (-40 degrés). J'en ai presque oublié que je marchais lorsqu'une bête sortie directement de la préhistoire laissa échapper un son sourd juste à côté de moi. Une vache à poils avec une queue de cheval qui possèdent des narines gigantesques. Je souris devant cette forme tranquille et si sympathique qu'est le Yak Mongole, je ne peux que les adorer avec leur tête aux expressions interrogatives faces au visiteur que je suis. Je regarde les petits qui galopent aussi bien qu'un cheval, la queue relevée pendant que les oiseaux d'eau poussent leur cri distinct qui me ramène directement au bord du lac Léman. Que de contrastes qui me font tourner la tête j'adore...
Aujourd'hui un mongole ma poursuivi sur plusieurs kilomètres en me ventant la qualité de ces chevaux avec cette idée fixe en tête que je n'irais de toute manière pas très loin avec ma charrette. Il secoue la tête en regardant celle si avec insistance. La zone dite touristique est en faite un havre de paix parsemé de quelques touristes téméraires qui on oser monter sur le petit cheval mongole aux selles de bois.
Je pose mon sac au pied d'un grand mélèze au bord de l'eau le soleil réchauffe gentiment l'air frais. Et c'est la que je le vois arriver,il court avec quelques choses dans la main. Il arrive a m'a hauteur essoufflé avec un SNICKERS dans sa main droite qu'il tient bien droit comme un témoin( au 400 mètres en athlétisme) et me l'offre sans un mot. Sa famille camp pas très loin dans la forêt et ils m'ont vu passer et d'un commun accord le SNIKERS m'a été livrée :-)
Ces petits moments la sont les plus importants et c'est eux qui remplissent mon coeur au fil de mon avancée. Cette spontanéité généreuse du peuple Mongole est ce qui remplis les pages de mémoires conscientes que je choisis de garder avec moi comme un bagage qui ne pèse rien et qui est tout aussi important que le reste.
Suite de ma découverte du lac ....a tout bientôt
June 30, 2011 par Administrator
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sarah marquis, gobi desert, mongolia, explorasia
Lying on the floor, head on my bag, legs up and crossed. My stove has just been lit up, it purrs, no, snores, and runs raggedly, due to the bad oil quality. I urgently need a nice warm tea. Only one sugar cube left, the only piece of sweet I own. I sometimes search through my blue holdall bag, in a compulsive way, to take out the tiny hardback red box, with the Mongolian word for « sugar » written on it… to always admit that there is only one single sugar cube living in there… Looks like that small thing is telling me « you’re kidding, you can’t have me today, you can only taste me tomorrow! »
Oh yes I am hungry! The fact is, my body got over my stock during those five days I have spent in the dunes, pulling on my handcart in the sand.
At this time, I should be stuffing some food in my hearth every two hours, to keep the fire alive. The reality is quite different: this morning I ate the half of a cup of flakes, with water and tea. Six hours of walking later, I am starving (I hate the feeling of being hungry!) For about a week now, the only food left is the sugar cube. An uncertain journey, water points playing on me and making me zigzag from a well of drinkable water to another. It lengths the 15 days between the food deliveries. Stomach hating this feeling and legs burning like hell without regenerating themselves… Just 2 days to go and I will get my supplies
June 30, 2011 par Administrator
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explorasia, mongolie, désert de gobi, sarah marquis
Je suis couchée par terre, la tête contre mon sac à dos et mes jambes relevées, croisées. Mon réchaud vient d’être allumé, il ronronne ou plutôt ronfle irrégulièrement, à cause du mauvais pétrole. J’ai urgemment besoin d’un bon thé chaud. Il ne me reste qu’un seul cube de sucre, l’unique élément sucré que je possède. Par moment, compulsivement, je plonge ma main dans mon sac fourre-tout bleu, y retire cette petite boîte cartonnée rouge où l’on peut lire “sucre “ en mongole. Pour seulement constater que ce petit cube blanc en est bien l’unique occupant...Il a l’air de me dire : « Encore ? Vous plaisantez ! Je suis pour demain seulement ! »
Et oui j’ai faim ! Le fait est que mon corps a usé ses réserves dans les dunes durant les 5 jours passés à tirer ma charrette dans le sable. A l’heure où je devrais enfourner toutes les deux heures de la nourriture dans mon foyer pour garder une belle flamme, et bien la réalité est tout autre ; ce matin j’ai mangé 1/2 tasse de flocons avec de l’eau et du thé... 6h de marche plus tard, j’ai faim (je n’aime tellement pas avoir faim !). Ma nourriture se résume au morceau de sucre depuis près d’une semaine maintenant. Le parcours est incertain, les points d’eau s’amusent à me faire marcher en zigzaguant entre les puits d’eau potable, ce qui allonge ainsi les 15 jours prévus entre les dépôts de nourriture. Un estomac qui n’aime pas cette sensation et des jambes qui brûlent à l’effort plus vite sans vraiment se régénérer. Encore 2 jours à tenir et j’aurai mon ravitaillement.
April 22, 2011 par Administrator
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Aujourd'hui je me suis réveillée au bord d'un ruisseau,j'ouvre ma tente et lève la tête : je suis encerclé de pic de montagne velue englué d'un brouillard epais . Elles sont comme coiffée des pins que l'ont trouve ici en altitude, je suis a 2800 m. Je suis arrivée hier soir d'une journée a 8 h de montée dans ces terrains qui sont caillouteux, irréguliers mais surtout imprévisibles. En partie parce que mes cartes sont obsolètes (pas assez détaillée et en russe ) mais surtout elle relate pas la réalité. Cela me fait rire par moment de découvrir que la montagne que j'ai sous mes pieds n'est pas sur ma carte. C'est les seules cartes disponible donc j'ai pas le choix.
Il est 17:00, je pose mon sac a terre, je suis a la recherche du meilleur endroit possible pour poser ma tente. Geste familier que je répète tout les soirs. Je dois imaginer dans quel direction le vent va se lever (en générale il se réveil a 19:30) puis éviter les cailloux qui peuvent tomber des faces rocheuses (un des principales problèmes ici),puis comme je suis a cote d'un ruisseau de bonne taille, je peux supposer qu'un barrage (pour l'électricité ) a été aménagé pas très loin de la (s'il ouvre les vannes !je dois être hors de portée).
L'étape n 2 :Je vais monter ma tente et positionner chaque objet a sa place (toujours la même ) ex: lampe frontale dans la coursives en maiche de droite, mes chaussures a l'entrée mais dedans la tente, elles sont prêtes a être enfiler en urgence. Je dois être prête a pouvoir réagir de nuit et immédiatement dans l'urgence. Ces gestes répétitifs sont indispensables a ma sécurité. Puis vient ma charette que je rentre dans ma tente , elle va bloquer /pierre/arbre qui tombent donc je la positionne toujours en première du cote ou le danger peu arriver. Lorsque plus rien ne se trouve a l'extérieur, je pars chercher du bois et me prépare un beau petit feu protégés du vent et laisse ma bouilloire ronronner sur les flammes. A ce moment la je peux retirer mes chaussures,plaisirs divins qui marque la fin de journée.
Alors le temps s'arrete, lentement je vais preparer une casserole de riz avec ails ou oignons grillés. La nourriture est simple se répète mais est nourrisante (hydrate de carbonne=energie). J'ajoute du tofu(protéine) quand j'en trouve, J'ai aussi de la farine avec moi et lorsque les conditions le permette , je fais des galettes de pain.
Avant de quitter mon petit feux je chauffe vite encore une dernière theiere d'eau chaude que je vais mettre dans mon thermos pour la nuit...
Je me glisse alors dans mon sac de couchage avec chaque soir cette belle fatigue, la nuit peut arriver je suis prête. Les oiseaux racontent encore vite la pénombre arrive...douce nuit a vous
A demain