Sarah marquis dans les Alpes Australiennes

March 21, 2013 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

www.sarahmarquis.ch

Mon expédition eXplorAsia n’a cessé de se déployer, de s’étirer, elle a été soumise aux éléments.  Et pourtant ni le feu, les inondations ou autres accroche pattes ne m’ont fait jeter l’éponge. J’étais prête pour l’inattendu, l’imprévu, je crois que le mot juste est “ l’aventure “. Mais rien n’aurait pu me préparer à ce constant challenge qui se trouvait devant moi. Je ne savais pas encore que mon évolution dans la nature allait être la partie la plus aisée. Comme des furoncles purulents qui se sont greffés à eXplorAsia, j’ai été au contact  : « de mafieux, trafiquant de drogue, poursuite de bande de voleurs à cheval, fausse police… » Alors aujourd’hui me retrouver en Australie dans un terrain difficile d’accès où l’humain n’y a pas trouvé sa place, est un vrai bonheur.

Alpes Australiennes (Victoria)

J’ai redécouvert l’isolement, le pur, la chasse à l’eau et des jours et des jours sans croiser une seule âme. Un terrain difficile où une compréhension constante de mon environnement devenait à nouveau essentielle. Il y a eu beaucoup d’efforts et peu de distance parcourue avec un sac à dos de 30 kg sur le dos à nouveau, laissant ma charrette au repos. J’ai été privilégiée de rencontres me laissant bouche bée comme ce matin là…

Il est 4:00 du matin, je suis prête pour partir, j’ai dormi au bord d’une rivière ce qui me permet de me charger d’un maximum d’eau pour les 2 prochains jours. Je prends mon rythme, je grimpe sur la première crête escarpée de la journée. Je sue, les eucalyptus d’ici ont subi plusieurs tempêtes apparemment au fil des dernières saisons. Le sol est jonché de troncs de plus d’un mètre de diamètre pour certains, cela m’oblige à plusieurs reprises d’enlever mon sac pour me faufiler en glissant mon sac au sol entre les amas de branches. J’arrive enfin au sommet aux environs de midi, je pose mon sac à terre pour y sortir quelques amandes. Lorsque soudain, je perçois un mouvement sous le lit de fougères vertes qui tapissent les forêts d’eucalyptus d’ici. Je m’accroupis aussitôt, scrutant de plus belle les bas fourrés. Il me faut que quelques secondes pour identifier son plumage. Il ne peut  y avoir d’erreur. « c’est bien lui » le majestueux, l’imprévisible, le plus grand des magiciens …. L’oiseau lyre.

Ces plumes sont reconnaissables facilement dues aux deux cornes recourbées des deux éléments d’apparat arrière. En temps normal j’ai plus de faciliter de reconnaître un oiseau par son chant, mais celui-ci s’amuse à imiter ses voisins,  cela peut même être un dingo ou un son complètement étranger au monde animal. C’est tapis au sol que j’ai soudain l’idée d’utiliser mon natel pour enregistrer son chant pré nuptial.

( il est seulement a quelques mètres de moi, mais je n’ai à aucun moment la possibilité de le photographier) alors trouvez ci - dessous le fruit de ma rencontre à travers le son : http://chirb.it/OdvkPJ

 

Feux de forêt …

Quelques jours plus tard je recevais un message d’urgence d’évacuation sur mon téléphone-satellite par mon contact australien. Je l’appelle aussitôt, il me confirme la présence d'un feu de forêt incontrôlable progressant dans ma direction. A ce moment précis, je surplombe les environs et pourtant je ne perçois pas de fumée, mais le vent est intense et la température flirte avec les 40°, un cocktail parfait pour un feu de forêt. Donc, je décide de suivre ses conseils à contre-cœur. Je sors mes cartes et planifie une possible route d’évacuation. Je vais devoir marcher 40 km direction Est avant de rejoindre un chemin de forêt, puis une route goudronnée pour essayer de trouver un fermier qui passerait par là, dans le but de me conduire rapidement jusqu’à un petit hameau du nom de Licola où je pourrais obtenir plus d’infos. Exactement 1,5 jour après la réception du message par satellite, je me trouvais au hameau. Un peu plus de 24h plus tard le feu ravageait toute la région où je me trouvais, avec le hameau en détruisant au passage des propriétés aux environs de la petite ville de Heyfiel pourtant à plus de 60 km de Licola . J’apprendrai cette nouvelle depuis Sale où je me suis réfugiée pour élaborer un nouveau tracé …. Cette fois - ci je décidai de partir à l’ouest où les feux de forêt sont un peu moins fréquents. Les incendies font partie d'un cycle naturel de renouvellement et pourtant chaque année des pertes énormes son enregistrées du côté humain et animal.

Ma progression à l'ouest en image ….

Je vous envoie plein de soleil d'ici et vous dis à tout bientôt pour de nouvelles aventures

Sarah

heavy backpack
Plus de 2 ans et demi de marche :
Après plus de 2 mois de marche avec mon sac a dos seulement (30 kg) j'ai du m'arrêter pour une vieille blessure a l'épaule qui est ressortie. Une semaine de traitement ostéopathe avec massage on remis les choses en place.
Lever soleil
Lever de soleil :
Régulièrement, je me suis lever a 4:00 matin pour ne pas souffrir trop de la chaleur. A cet heure là, la nature est encore endormie.
Tiger snake
Serpent :
Les serpents sont devenus aussi commun à cet saison que les perroquets multicolores qui se chamaillent dans les hauts branchages. Celui-ci est très venimeux.
Blue wren
Blue wren :
Le matin vers ma tente, je reconnais les petits sons aiguë que les petits émettent, puis je les cherche dans les fourrées. Ils se déplacent souvent en famille, avec plus de 8 petits en moyenne. La femelle est grise avec un bleu terne, sans de vraies couleurs d'apparat ainsi que les petits. Tandis que que le mâle attire définitivement l'oeil.
kangarou paws
Beauté des lignes et structures :
J'ai une fascination pour cette plante du nom "Kangaroo paws (pattes de kangourou) " son nom vient de la ressemblance morphologique des pattes avant des kangourous.
Où est ma maman
Où est ma maman ? :
Le bush ici est très dense des 2 côtés du sentier, la maman de se jeune kangourou a sauté avec beaucoup d'effort dans le fourré (à droite de l'image) laissant son petit pris de court, il est resté là à me regarder pendant un long moment avant de se décider à retrouver sa maman qui l'attendait silencieusement à 10 mètres de là.
Pano Kankourou
Hop,hop,hop :
Après 8 h de marche, j'ai posé mon camp, grignoté un petit biscuit qui trainait dans mes poches et me voilà partie légère sans mon sac à dos avec mon appareil photo à la main. j'accélère le pas, j'ai peur de manquer le coucher de soleil. Lorsque soudain, j'entends un bruit sourd, je tourne la tête et le voilà sorti de nul part. Puis a suffit une rapidité d'action et beaucoup de chance. Il a même un brin d'herbe dans la bouche. J'adore cette image
South west ocean
J'ai retrouvé la mer :
Après les feux de fôret je me suis dirigé au sud - ouest ou la mer fait partie intégrante de ce décor. Y compris mon ennemi de toujours, les dunes de sable...
Inspiration
Inspiration :
J'ai surpris à plusieurs reprise des kangourous qui contemplaient un coucher de soleil. Mon chien avait cette habitude de s'éloigner du camp et de regarder religieusement le soleil se coucher...La sérénité que dégage un tel spectacle est magique.

Sarah dans le bush en Australie

October 22, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

Je suis sous des arbres eucalyptus bien à l'ombre de ce soleil de midi. Mon hamac se balance gentiment avec l'aide du vent du nord qui ne cesse d'envahir l'atmosphère de sa chaleur brûlante. J'attends, je choisirai le meilleur moment vers les 16:00 pour reprendre la marche jusqu'à la nuit tombée.
Je me trouve à quelques kilomètres de Borrolola (communauté aborigène) perdue entre la mer et les kimberley. Je fais 25 km par jour et consomme actuellement 5 litres d'eau par jour que j'arrive pour l'instant à collecter dans des points d'eau naturelle à l'aide d'une corde et d'un sceau pliable. Ces cours d'eaux sont pour la plupart le territoire du crocodile d'eau douce mais aussi et surtout du crocodile d'eau salé.

Je garde mes distances avec ces points d'eau même si je me suis laissée à prendre un bain dans une petite retenue d'eau isolée,  j'en resterais là! Lors de mon périple Australien en 2002-2003 j'avais traversé la rivière " Bowen" alors infestée de crocodiles (salty) heureusement.. quelques brasses plus tard j'arrivais saine et sauf sur l'autre rive. Je pense avoir utilisé ma carte chance " crocodile " à ce moment-là.

M'éloignant donc des rares cours d'eau pour camper, ce soir là, j'avais choisi un petit sommet bien rond pour planter ma tente et profiter du petit thermique de la tombée du jour. Instinctivement vers les minuit je sursaute, des chevaux sauvages galopent à toute allure à quelques pas de ma tente. Je jette un oeil dans l'obscurité pour constater un brasier orange gigantesque qui semble me venir dessus. Le vent est en ma faveur mais s'Il venait à tourner….. un feu de forêt peut faire jusqu'à 40 km/h de vitesse. Les yeux remplis de sommeil je veillerai toute la nuit sur ce vent qui changea de direction qu'au petit matin. Je m'éloignais alors aux premières lueurs dans une fumée épaisse qui semble vouloir me garder encore un peu.


                                    
Au quotidien :

Le bush est un mélange d'Eucalyptus de pin natif de hautes herbes blanchies par le soleil et de termitières, le tout dans une couleur savane délavée. Seul, celui qui sait s'y attarder y découvrira ses secrets.
Le scarabée éléphant m'a affrontée un matin très tôt sur une piste de terre rouge. Me trouvant bien trop grande Il enfonça sa tête dans le sable, imaginant que j'allais disparaître, puis après bien quelques secondes dans cette position tête en bas et le reste du corps en défensive. Il se retourna pour constater que j'étais toujours là, alors instantanément Il fit le mort en se retournant avec une énergie insoupçonnée et laissant ses pattes inertes ... Ce petit spectacle de qualité m'a fait tant rire… alors que quelques minutes plus tôt je rencontrais mon premier python olive qui rentrait de sa balade nocturne à la rivière du coin laissant une magnifique trace sur le sable rouge me permettant de l'identifier lors d'une prochaine rencontre (Chaque serpent à une trace différente).

Ce matin là, je revenais du bush où j'avais encore une fois commencé la journée dans la nuit à me préparer. Pendant ce temps les kangourous reviennent du point d'eau, où ils passent discrètement à quelques pas de mon camp pour mon plus grand plaisir. Lorsque j'ai fini de déjeuner (muesli,noix de coco,noix en tout genre arrosés de thé) j'observe les oiseaux qui se perchent sur les branches plus hautes en attendant les premières rayons du soleil, comme un parent éloigné qui revient après une longue attente. Un moment empreint de tant de sens.
Je rejoins donc la piste la plus proche pour continuer ma progression ouest . En arrivant sur celle-ci je constaterai avec effroi que ma roue avant gauche n'est plus qu'un amas de rayons entremêlés ! Avais-je été trop dure en m'éloignant tant dans le bush ! Je décide d'arrêter le premier véhicule qui s'avère être des chasseurs de cochons sauvages!!! Moi qui  ne les supportent pas , ils me sortent instantanément la bonne pince qui va me permettre de réparer momentanément ma roue. Par la même occasion, je jette un oeil aux chiens en cage à l'arrière du véhicule encore ensanglantée de la dernière prise. Ils s'impatientent et me laissent la clef à molette en cadeau avant de filer ...merci à vous messieurs.

2 h plus tard je pouvais à peu près progresser et faire les 20 km restant jusqu'au prochain village d'où j'appelai d'urgence la suisse pour la commande d'un jeu de nouvelles roues. Le temps de réceptionner les roues venant de Hollande et de me les envoyer en express cela va prendre 7 jours avec le week end au milieu. Je décide alors de laisser tout mon matériel dans le village et de retourner en ville pour réceptionner mon paquet DHL sachant part expérience que la douane peut le réquisitionner pendant bien des jours. IL aura fallu 10 jours au total pour régler le tout et me voilà de retour au village avec un nouveau jeux de roues, et des produits frais que je ne trouve déjà plus à 700 km dans les terres. Ce soir là je rencontrerai un cycliste un peu égaré, lui faisant signe il s'approcha timidement …c'était Jonas Goy de Suisse un jeune cycliste qui m'avait contacter par mail auparavant www.jonasgoy.com

J'ai laissé derrière moi le Queensland pour rentrer dans le territoire du nord où je suis actuellement. Je m'enfonce dans le bush où mon prochain village est à 372 km alors ne m'en voulez pas des rares nouvelles, la communication est inexistante. Mais je vous réserve des nouvelles fraîches puisque mon prochain ravitaillement arrive en Octobre ...(le dernier était en février )

Alors à tout bientôt pour de nouvelles aventures et un grand merci de me lire assidûment

Australie - préparation - le départ (français)

June 11, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

 

Australie - Cairns – Préparation
 
Ma priorité en arrivant en Australie a été de m’assoir sur une terrasse, et de déguster un de leur incroyable café « latte ».
La vision de ce café m’a hanté, torturé au court de ma longue progression à travers l’Asie … 2 ans d’attente pour boire un café ! Et j’y suis enfin, délicatement je glisse ma cuillère sur la fine couche de mousse dense…
 

La vie défile sous mes yeux

Douce réalité, je déguste mon café et laisse mes yeux se poser sur les gens, ceux-ci portent mon regard sans broncher.
Ils ont l’air tristes, ne sourient pas. Soudain, la scène que j’observe me semble incomplète.
Des détails me frappent. Ici les gens doivent êtres hygiéniquement parrainés par la même marque de détergent, les rues sont parfaites, les jambes des passants se déplacent à un rythme inhabituel. Les rues, elles aussi n’ont pas d’odeurs, les chiens vagabonds, (ces amis avec lesquels je partage habituellement mes repas) ont été effacés du décors.Tout est si stérile...
 
L’odeur ronde de mon café câline mon cœur, je réalise à cet instant comme l’Asie m’a touché profondément avec ces imperfections, ces sourires, son intensité de vie, les cris des enfants dans les rues, les odeurs…
 
"Mon regard se fixe dans le vide et ma pensée s’envole légère et souriante"
 
Tout est si subtil, et si grand à la fois! On capte que quelques pourcentage de la réalité, le reste traverse nos vies sans que nous ayons mots à dire : «  c’est peut-être mieux ainsi »
Je voyais alors clairement ce jour-là, la signification de chacun de mes pas et leurs importances.
Même si je n’arrive toujours pas à exprimer avec des mots " pourquoi je marche", quelque part au fond de moi, je « sais », et cela me suffit.
 
Cela me rappelle l’histoire d’un peintre aborigène qui avait eu l’occasion de se rendre à New - york dans le cadre d’une exposition en son honneur.
Celui-ci, de retour au pays, s’assied silencieux au bord du feu avec les siens, il lui faudra 10 longues années avant d’être prêt à raconter ce qu’il avait vu et vécu durant sont court séjour au USA.

Préparation 
  
Ce matin-là, je l’avais réservé à toutes les démarches administratives que je devais absolument m’acquitter avant de pouvoir commencer à marcher. C’est le pas léger que je passe la grande porte automatique de la Commonwealth bank, il est 8:30 du matin et j’ai l’espoir d’ouvrir un compte le plus rapidement possible.
Un jeune et dynamique employé me reçoit et m’installe confortablement. Après les questions de formalités habituelles, il retrouva à mon grand étonnement mes anciennes coordonnées dans son système datant de 10 ans. Tout en effectuant son « up date » il me demanda pourquoi je voulais rester 1 ans en Australie, si j’allais travailler, si j’étais seule ou accompagnée. Je répondis vaguement à ces questions. Celui-ci devenu alors de plus en plus curieux au fil de la procédure, je lui annonçai que je me rendrai à l’ouest durant cette année… Mais cela ne lui suffisait apparemment pas, il est devenu collant, même gluant, tout en restant souriant et professionnel, après tout il est un peu tôt pour un lundi.
 
Devant une autre vague de questions, je lui divulguai le pourquoi de ma présence sur sol Australien.
« Je vais marcher pendant 1 année à travers ce beau pays » lui répondis-je. Mes mots venaient à peine de s’effacer dans l’air climatisé de la banque que son rond visage vira au rouge et il s’exclama : «  vous êtes idiote ! » Sa réaction me laissa bouche bée!
 
J’avais oublié à quel point certains Australiens, (pas tous heureusement) manquent d’élégance et d’ouverture d’esprit. Comme il est difficile pour eux de croire en leur terre, à sa magie, aux femmes à autres choses que la bière et le footy. J’ai une bonne nouvelle pour vous Australiens de ce genre: «  Je suis de retour  »
 
Cet événement m’a fait pensé à l’excellent livre d’Heidi Douglas  - catch up with the sun – Edition Finch
 
Elle s’aventura dans l’outback à cheval avec chien et chameaux. Avant son départ, elle ne pu que constater à quel point les gens la traitèrent de folle, d’inconsciente, d’irresponsable, de suicidaire, jusqu’au jour ou elle eut la chance de boire le thé avec Andrew Harper qui à parcouru l’Australie d'est en ouest à pied avec des chameaux en 1999. Celui–ci lui apporta non seulement de précieuses infos, mais lorsque celui-ci s’exclama : «  c’est une idée géniale ! » Elle reçut une injection d’énergie nouvelle qui lui insuffla de nouveaux espoirs en son incroyable projet qu’elle acheva non sans mal… 
Elle qui rêva à 11 ans déjà, de faire le tour de l’Australie à cheval !

: "Ne pas se laisser toucher par les nains de jardins sur son passage, immobiles et jaloux, c'est leur rôle d'essayer de vous transformer en nain de jardin à votre tour " Conclusion de la journée, éviter les nains de jardin :-)
Ps: je vais arriver dans 1 ans à mon petit arbre :-)
 

 

à travers l'océan Pacifique en cargo (français)

June 8, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

 

Un cargo c'est gigantesque !
 
Après m'être faufilé entre les grues géantes, le bruit des containers qu'on placent et déplacent me souhaiten la bienvenue à bord.
NYGalaxy partira seulement après les lourdes démarches administratives. Pendant ce temps, on m'installe dans une cabine propre et correcte.
L'équipage est allemand et le reste du personnel vient entièrement des Philippine. Langue officielle à bord, l'anglais. Un total de 23 personnes, officiers compris avec le personnel d’équipage, dont 1 compagnon de route (passager de Melbourne) qui monta à bord au dernier moment. 
 
Ticket :
Nous vivons une période ou nous aimerions modifier nos vies, les imaginer plus “ glamour “. Si c'est votre cas, n'envisagez pas de monter sur un cargo. 
 
J'avais l'idée que cela devait être facile de monter à bord d'un cargo et de traverser le Pacifique. Aujourd'hui, je peux vous dire que cela ne l'est pas ! Un long processus administratif de plusieurs mois m’attendait.
Papiers nécessaire : visite médicale 15 jours avant le départ, assurance spéciale d'évacuation en cas de problèmes, papier qui certifie que vous êtes consentant pour une fouille corporelle complète si un douanier est de mauvaise humeur, assurances en tout genres incluant des déviations possibles de dernières minutes etc... Après avoir lu le règlement de bord qui fait une dizaine de pages, j'ai vite compris que malgré les 110 euro /jour que coûte le trajet ( et oui !!!) , cela allait ressembler à rien de ce que j'ai pu expérimenter jusqu'alors.
 
 
A bord :
J'avais envie de me laisser bercer par la mer, en mettant de l'ordre dans mes notes avec l'idée de commencer à écrire mon livre.
Les 3 premiers jours, je me suis retrouvée collée au fond de ma cabine entre les toilettes et mon lit. Le doux roulis imaginé n’en est pas un, et loin d’être non plus, un bercement comme j’ai pu l’expérimenter sur un voilier. 3 jours plus tard, je sortais de ma cabine à tâtons où j’ai enfin pu monter sur le « bridge » poste de commandement. Et ma vie à bord pouvait enfin commencer.

Repas : déjeuner à  7300 (7:30 ) lunch à 1130 (11:30 ) et diner à 1730 (17:30 ) .
A mon premier repas, je m’installai naturellement parmi les philippins qui, plein de vie conversaient dans leur langue. Horrifié, un officier allemand est venu me chercher et m’a amené de l’autre côté du bateau bien loin de l’équipage souriant des Philippins, pour me retrouver parmi les officiers blancs et silencieux qui dévorèrent chaque repas dans un silence gênant et presque malsain.
Le jeune Polonais à ma droite et l’australien (passager) à ma gauche, seront mes compagnons de repas durant tout ce temps.
 
Quels sont les plus grands moments à bord ?
Le jeudi et le dimanche à midi sont les jours à ice cream, et soudainement ces officiers se transformes en petits garçons aux sourires généreux, juste le temps de finir leurs glace (dans le silence toujours).
 
Certains d’entre eux peuvent passer plus de 4 mois sans poser pied à terre! Aiment-t-ils la mer ? je ne saurais vous répondre, puisque les conversations à bord parlent d’argent de coût de tout et de rien à tout moment de la journée. Et lorsque je pose la question au capitaine et officiers :qu'ont-ils vu de plus extraordinaire sur la mer durant leur vie maritime. Aucun ne saura me répondre ...
 
J'ai utilisé tous les stratagèmes pour éviter le capitaine du bateau qui, entre 2 visites sur le pont, se languissait à renifler mon odeur dans les étroites galeries reliant les cabines à la vie du bateau. Ma présence se trahissait de part mes effluves, une réalité perturbante pour celui-ci qui, de tous ses sens percevait une femelle à bord.
Son cigare, accompagné de ses pas lourds m'ont toujours averti de sa présence galamment maladroite, me laissant que très peu le choix, alors de feindre....le mal de mer (encore)... les retards au repas etc...


L'équateur passé avec l'air saturé de moiteur, je me souviens avoir eu un frisson en fixant les 000:000:000 qui indique le tour de taille de la terre.Quelques jours plus tard, je descendais la passerelle qui reliait à la terre ferme le cargo...Arrivée au bas des escaliers, je glissais alors un dernier regard à ce monstre d'acier, mais surtout, je venais de survivre a 22 mâles :-) Mes premiers pas ont frôlé la terre ferme avec euphorie et respect .... 

 
L'Australie a toujours été ma destination !

 

 

 

a story of Elephants - Thailand (english)

June 7, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

A Story of Elephants
Cornac - Elephant care-taker and guide
On this late afternoon, in the mountains of western Thailand, I stop, tired and sweaty, in a spot that seems tranquil.

Gentle giants
I knew that my path away from Chiang Mai would eventually cross that of one of the last large mammals of our planet.  But I couldn't have described my amazement when, this late afternoon, I come upon the cornacs' camp.  A dusty atmosphere reigns, accompanied by a weary energy put out by the pachyderms.  Tubs of water are strewn here and there on the ground, clothes are drying in the sun, and yet, the dust is everywhere, along with a destitution that is as much human as animal.   
The cornacs shout orders at their respective pachyderms, the dust rises at the passage of these giants, the heat is sticky and heavy.  I sit down in a corner under a tarp (the only available shade).  They look at me, then ignore me.  I make myself small and stay put, my eyes wide before such grandeur.
Meanwhile...
The elephants obey their masters without a murmur.  Then suddenly, a melodious sound fills the air.  I raise my head, looking for the source of this unfamiliar noise.  It's like a twittering, or even like an exotic bird song.  A few moments later, I smile as the baby elephant who answers to the name Phuangchompou once again emits this melody that is entirely his own.
I am deeply touched by the sweetness of these giants.
Time passes.  I come down from my cloud when the hairy trunk of a gigantic male elephant brushes against my arm.  In the background, I can make out his master's screaming in my direction, "Look!  Big banana!" which I ignore.  The incredibly tender eye of the giant examines me.  I observe as he intently swings his long, fleshy emotional indicator and I realize that he is moved.
The old cornac with black eyes rushes towards me ready to scream more insanity in my ears... Finally, I slowly stand (as I just learned from the gentle-eyed giant), unfolding to my full height--because here, in this moment, size matters.

I look at him with no animosity and murmur, "Jealous?"  He stops short without knowing what caused the sudden burst of laughter from his young cornac colleagues who exaggerate their reaction, knowing that their elder doesn't understand. 
I leave slowly, unhurriedly, a smile on my lips...

 

 

 

 

Expédition explorAsia - jusqu'à aujourd'hui / français

June 1, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

 

 

 

ExplorAsia – Sibérie
Si la Sibérie est dans mon coeur, je n'arrive toujours pas à savoir pourquoi, subtilement elle a grandi en moi. Le lac Baikal est un acteur inoubliable, même si j'échappais de justesse à une attaque de malfrats  sur son rivage sud. Les crêpes au sucre disponibles dans les endroits les plus bizarres et isolés de la Sibérie ont réveillé en moi la douce chaleur des souvenirs de mon enfance. A chaque bouchée la Taïga se modela en une terre promise où même les moustiques, ces guerriers perforateurs ne m'ont pas infiltré leur psychose.
Lumière douce, orgie de framboise, vide.... plein d'eau, la Sibérie m'a laissé la regarder avec mes pieds curieux.
 
ExplorAsia - Mongolie
Si les cavaliers Mongoles transpirant la vodka n'ont pas eu ma peau, c'est le froid extrême du désert de Gobi (-45°) qui m'a arrêté avec une hypothermie avancée.
Entre deux, une infection dentaire paralysante a été la cause de ma présence sur terrejaponaise. Ce sera à la troisième tentative, que je réussis à accomplir ma traversée deMongolie et du désert du Gobi
 
ExplorAsia - Chine
Silencieusement, par un froid mordant dans les montagnes du Sichuan (Chine), un panda rouge est venu me redonner espoir; comme pour recouvrir d'un baume les plaies que cette terre a ouverte en moi.
 
 
ExplorAsia - Laos
La jungle m'a transpercé avec des aiguilles invisibles, en oubliant de les retirer.
Sur les rives de la rivière Luang Namtha au milieu de la jungle, j'ai été affecté par la dengue (fièvre), alors qu'à peine deux semaines plus tard, je survivrai à une attaque nocturne de trafiquants de drogue armés de fusils automatiques.

 
ExplorAsia - Thaïlande
Evitant la source de tous mes problèmes : " les gens " durant tant de temps, la Thailande allait pourtant m’ apprivoiser avec son sourire, ses moines, ses odeurs et sa générosité. Sauvageonne qui se cache et se dévoile à la fois, ce pays aux bouddhas géants, m'a donné encore et encore des leçons de vie et non de survie ....
 
ExplorAsia – Australie
 
Suite….

 

Thailande de l'ouest / français

March 7, 2012 par Sarah Marquis   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

 

Cornac - Celui qui soigne et guide un éléphant 

 

En cette fin d’après-midi, dans les montagnes de l’ouest de la Thaïlande, je m’arrête fatiguée et en sueur dans un endroit que je croyais tranquille.

 

Doux géants

 

Je savais que mes pas en quittant Chiang Mai allaient, à un moment ou un autre, croiser l'un des derniers grands mammifères de notre planète. Mais je ne saurais décrire mon émerveillement, lorsque je m’avance en cette fin d'après-midi dans le camp des cornacs. Il règne ici, une atmosphère poussiéreuse accompagnée d’une énergie lasse que dégagent les pachydermes. Quelques bacs d'eau jonchent le sol, des vêtements sèchent au soleil et pourtant, la poussière est partout accompagnée d'un dénuement autant côté humain qu'animal.

Les cornacs hurlent des ordres à leurs pachydermes respectifs, la poussière se soulève aux passages des géants, la chaleur est collante et lourde. Je m’assieds dans un coin sous une bâche (seul élément d’ombre disponible). On me regarde, puis m’ignore. Je me fais alors toute petite, je resterais assise là, avec mes yeux écarquillés devant tant de grandeur. 

 

Pendant ce temps ...

 

Les éléphants obéissent sans broncher à leurs maîtres. Puis soudain, un son mélodieux s’étire dans les airs, je lève la tête recherchant ce son inconnu à mes oreilles. Cela ressemble à un babillage ou encore a un chant d’oiseaux exotique. Quelques instants plus tard, je souris lorsque le bébé éléphant qui répond au nom de Phuangchompou  émet à nouveau cette mélodie qui est bien “sienne“.

 

« Je suis profondément touchée de la douceur de ces géants ...» 

 

Le temps s’écoule, je descends de mon nuage lorsque la trompe parsemée de poils d’un gigantesque éléphant mâle m’effleure le bras. En arrière plan, je devine son maître qui hurle jusqu’à s’époumoner dans ma direction ...«look big banana » je l'ignore. L’ oeil si tendre du géant me scrute, je découvre alors qu’il est ému et ne cesse de balancer son “émotion rigide ". Le vieux cornac aux yeux noirs se précipite vers moi prêt a m’hurler encore une insanité dans les oreilles....Je finis par me lever doucement, (comme venait de me l'apprendre, le géant au regard doux ) me déployant de ma grandeur - parce qu'ici, en ce moment précis, la taille importe.

 

Je le regarde alors sans animosité et lui susurre " jaloux ? " Il s’arrête net sans comprendre ce qui a déclenché  les  éclats de rires soudains de ces jeunes collègues cornacs qui, pour le spectacle, accentuent leurs réactions sachant que l'ancien n'a pas compris .....

D'un pas lent et espacer je m’éloigne, un sourire aux lèvres...

 

Thailand / english

March 1, 2012 par Sarah Marquis   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

Thailand

Cross paths guide me as I had hoped, in the direction of mountains to the west.  My steps are no longer measured in kilometers, but in hours walked: six per day.  My body has changed, as these last weeks of walking have been accompanied by food that is finally balanced, alive. Fruits, vegetables, eggs, black rice.  The swiftness with which my body  adapts fascinates me as much as ever.  A significant loss of weight, and muscle that is finally being nourished, have changed the contours of my body.  Human odors stick to my skin.  I await isolation with impatience, the high jungle that will reawaken the Amazon in me ;-)  My eyes open each morning having intentionally forgotten yesterday.  The first fruits of the day awaken me each morning with exactitude and loyalty.

 

Rice at my sides

 

I have realized that my steps have followed a complete cycle of rice: from China (planting) to Laos (harvest) then to Thailand (working the fields and once again planting young starts).  The irrigation canals linking the rice paddies let the water build up slowly.  The water runs everywhere with enthusiasm, as though it had been held back, like an old lady rediscovering her young girl's legs.  It had to wait, though, for the water buffalo to stomp and work the muddy ground with all their might as they pulled a cart--a simple one, but effective for this type of earth.  As the days go by, water covers everything. Suddenly, an aquatic life is bustling... The surface of the water curls, amphibians try to escape wading birds stationed there not by chance.  The sunset is reflected in the giant mirror that the terraces form, each leveled at a minutely different altitude from the next, allowing the water to overflow naturally from one terrace to another. A silhouette takes form far away, moving so slowly that it seems to float above the glare.  The water buffalo have finished their Herculean toil for the season.  They luxuriate, their feet now dry, in dried rice stalks.  Farmers carefully pile the stalks high, forming a sort of ephemeral "stupa" sometimes reaching more than 3 meters tall.

 

Water buffalo... Guardians of time

 

During my passage, our regards cross one another, their gentle personalities impressing me at each encounter.  The water buffalo smell me, well before dogs or humans do.  Silently, their nostrils dilate, and they sniff me from a good distance.  I watch as their heads, adorned with their half moon horns, search the landscape for me.  Their gestures are so slow that they remind me of gigantic guardians of time.  I put down my back pack nearby and take a moment to hum them a melody that has traveled, recounting other lands, other scents... These scenes remind me of the coming and going of the cows in my home town, who had the same hour of departure as the commuters still asleep at the steering wheel of their cars.  These same commuters, railing at those sweet, slow creatures who have never been made to move faster by a farmer's stick.  My mother always found this reassuring, and each time that we were blocked by different herds that crossed our small town of 500 inhabitants, she would watch them with such marvel, as though they were exotic animals.  During these episodes, through her, I slowly learned to see.  The heat of these lands...  I search the leafy shadows while the sun shines.  The sun's friendship sticks to my skin and magically draws out lines of salt on my t-shirt, like maps of mysterious treasure that are replaced with each washing.  The Thai country-dwellers have a kindness in their eyes, associated with their hospitality, that leaves me dreamy in this mirror effect reflecting back to me my own "Swiss attitude."

 

Strange silhouette

 

The intense orange of the carefully wrapped, long cloths swathe the bodies of the monks.  They are present, just there, in the decor.  I get used to it on the surface, but deep down
these floating robes, these shaved heads leave an inexplicable mark. Our regards often cross... We try to read each other, so different, not the least from the paraphernalia that distinguish us from each other.  From the Laotian side in Luang Prabang I have surprised the monks playing with street dogs, feeding them by sharing the offerings they've collected for themselves (mostly sticky rice).  In fact, it's one of the only times that I've seen the monks smile. 

 

Where is Sarah?

 

I am at the base of the western mountains in the north of Thailand, ready to take the challenge and lose myself in the mist of altitude...

 

Sarah

That which has no sense sometimes has a written meaning.    Maurice Herzog

 

 

 

Laos

February 15, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

 

 

Descent of the Namtha River

 

I open an eye, uncertain of the hour.  The full moon through the mountain fog is diffused like a dim fluorescent bulb, pale gray all night long.  After the nocturnal visit of three characters who had awarded themselves police officer's caps, I barely dozed.  I got rid of them by affirming that I was accompanied.  I then fleshed out my story by speaking French inside my tent as though my interlocutor were right next to me.  But still, worry took over during the hours following the discovery of my camp.  The mere thought that my canoe could be stolen or borrowed during the night left me on high alert to the smallest sound until dawn.

 

ANOTHER MORNING

 

Everything is damp--the jungle's mist leaves its invisible imprint on every form it touches.  The brown water of the Namtha River doesn't seem to notice.  I observe this wild nature from one side of the river, where the jungle has woven a green curtain from dizzying heights, falling in a sheer cascade to the edge of the water.  I situate myself on the other side, where a sandy bank extends from the water's edge to the dense jungle.  

I'm sitting in my tent, the exterior wall raised.  My vision loses itself in memory and my spirit revisits the previous days' small villages suspended at the river's edge.  As though in an effortless world, I again travel down part of the river where the dogs take in their world in a meditative state, while the children on the path home from school round out their education with a smile worn as easily as their book bags.  

All the while, the surroundings come to life.  The sparsely feathered hens, barely escaping the broom wielded by a mama still waking up from her nap.  As though she wanted to show them that she was not going to let herself be trapped again by the gentle caress of her eyelids.  And still, these hens sing each day their unconditional order for one sun, to carry with them.

Under the house, attached to the pillars holding up the tiny bamboo dwelling, the hammock swings as though a ghost were enjoying a sweet moment of earthly rest.  But at second glance, I see only an old woman with worn-out skin bathing without embarrassment in the river, as ducks pass noiselessly from one house to the other, scavenging from left to right, with their ultimate destination the village's sewage canal.

The growling of my stomach brings me back to reality.  I re-center myself and my movements follow, simple and reassuring, a ritual repeated morning after morning for more than a year and a half.  No matter where I am: the Gobi Desert, Siberia, or deep in a bamboo forest in China, my movements are the same.  My tea kettle starts to hum quietly...

A few days later...

 

I EAT SILENCE

 

The solitude of my days, of my months, seems an important element.  Like in a good recipe.  Details of contemplation, from odors to colors, these moments that slip into me without disturbing me, without generating thought.  They nourish me simply by using silence to travel into me.  Noise and useless chatter isolate us and leave us hungry, so we start to eat, thinking this will take away the feeling of hunger... but we are mistaken about food.  

I think about this between two bouts of fever, inert for more than two days in my tent.  The chills run through my bones as though they were highways.  My head, shaken up by a fever of more than 104 degrees, focuses endlessly on the stream in a permanent blur.

I wonder if it's dengue fever, or bird flu, or even malaria... my doctor won't answer any of my calls.  With the help of my satellite phone, I finally ask for a boat to take me to the nearest clinic.  It will take another day and a half for the boat to find me.  By that time, the fever has gone down and the gastro-intestinal symptoms have gotten worse.  Rest and a good antibiotic that I prescribed myself took care of it.

I write you with my shoes on my feet, ready to head out, feeling great and steeling myself to avoid a relapse.  I'm going back out to rediscover the mountain mist...

 

 

 

 

Thaïlande

February 15, 2012 par Administrator   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

 

Thailande

Les chemins de traverses me guide comme espéré, en direction des montagnes de l'ouest. Mon "pas" ne se mesure plus en kilomètres mais en heures de marche - 6h - par jours. Mon corps a changé, les dernières semaines de marche ont été accompagnées par une nourriture enfin équilibrée, vivante. Fruits, légumes, oeufs, riz noir. La rapidité d'adaptation du corps me fascine toujours autant. Une perte de poids significative et un muscle enfin nourri ont redessiné mon corps. Les odeurs humaines me collent à la peau. J'attends avec impatiente l'isolation, la jungle d'altitude qui va à nouveau réveiller l'amazone en moi ;-) Mes yeux s'ouvrent chaque matin en ayant intentionnellement oublié "hier". Les prémices du jour me réveille chaque matin avec exactitude et fidélité.

Le Riz à mes côtés

Je me suis rendue compte que mes pas ont suivi un cycle complet du riz : de Chine (plantation) au Laos (récolte) puis en Thaïlande (labourage et plantation à nouveau des jeunes pousses).

Les canaux d'irrigation reliant les rizières laissent l'eau s'engorger à une vitesse lente. Celle-ci court de partout avec enthousiasme, comme si elle avait été retenue, telle une vieille eau qui retrouve ses jambes de jeune fille. Elle a pourtant dû attendre que les buffles d'eau piétinent et labourent la terre boueuse de toutes leurs forces en tirant une charrue basique, mais efficace dans ce type de sol. Au fil des jours, l'eau recouvre tout. Soudain une vie aquatique s'active... Le dessus de l'eau frise, des amphibiens essayent  d'échapper aux échassiers postés là, pas par hasard. Le coucher de soleil se reflète dans ce miroir géant que forme les terrasses minutieusement nivelées à des altitudes différentes laissant l'eau naturellement déborder d'une terrasse à l'autre. Une silhouette se devine au loin, se déplaçant si doucement qu'elle donne l'impression de flotter au dessus de la réverbération.
Les buffles d'eau ont fini leurs travaux herculéens pour la saison. Ils se régalent les pieds aux secs, de tiges de riz séchées. Les fermiers  empilent ces tiges soigneusement en hauteur, formant telle une" stupa " éphémère pouvant s'élever à plus de 3 mètres du sol.

Les buffles d'eau ... Gardiens du temps

Sur mon passage, nos regards se croisent, leurs douces personnalités m'impressionne à chaque rencontre. Les buffles d'eau me sentent, bien avant les chiens ou les humains. Silencieusement, leurs naseaux se dilatent, ils me reniflent de bien loin. Je vois leurs têtes me chercher dans le paysage, coiffées de leurs cornes en demi-lune. Leurs gestes sont si lents qu'ils me font penser à des gigantesques gardiens du temps. Je pose alors mon sac à dos à proximité et passe un temps a leur fredonner une mélodie qui a voyagée, racontant d'autres terres, d'autres odeurs....
Ces scènes me rappelle le vas-et-vient des vaches de mon village qui avaient le même horaire de sortie que les pendulaires encore endormis, au volant de leurs voitures. Ceux-ci,  pestant contre ces douces et lentes créatures que le bâton du fermier n'a jamais fait avancer plus vite. Ma mère a toujours trouvé cela rassurant, et à chaque fois que l'ont était bloqué par les différents troupeaux qui traversaient notre petit village de 500 habitants, elle  les regardaient avec tant d'émerveillement, comme si c'était des animaux exotiques. Pendant ce temps, à travers elle, j'apprenais lentement à voir.

La chaleur de ces terres...

Je cherche les ombres végétales pendant que le soleil est soleil. Son amitié se colle à ma peau et magiquement fait apparaître des lignes de sel sur mon t-shirt, comme des cartes aux trésors mystérieux qui se renouvellent à chaque lavage.

Les thailandais des campagnes ont cette gentillesse dans les yeux, associés à leur hospitalité qui me laisse songeuse dans l'effet miroir que me reflète ma "swiss attitude".

Silhouette étrange

L'orange intense des longs tissus soigneusement enroulés habillent les corps des moines. Ils sont présents, juste là, dans le décor. Je m'y habitue  en surface, mais au fond de moi ces robes flottantes, ces têtes rasées de ,près laissent une trace sans explication. Nos regards se croisent souvent...On essaie de se lire mutuellement, si différents du moins de part nos accoutrements qui nous différencient de l'autre. Du coté Laotien à Luang Prabang j'avais surpris les moines jouer avec les chiens des rues, à les nourrir en partagent la collecte des offrandes avec eux (principalement du riz collant ). D'ailleurs, une des seules fois ou j'ai vu des moines sourires.

Où est Sarah ?

Je suis à la base des montagnes de l'ouest au nord de la Thailande, prête pour prendre de la hauteur et me perdre dans la brume d'altitude ...
Toujours dans l'espoir d'un échange de regards avec un Tigre!

A bientôt pour de nouvelles aventures

Sarah

Ce qui n'a pas de sens a parfois une signification écrivit M.Herzog

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