Un départ sous un soleil de plomb (36 degrés)

August 6, 2010 par Sarah Marquis   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

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Le 20 juin 2010: un départ sous un soleil de plomb (36 degrés). J'étais à la frontière Sibérienne-Mongole. Les gens avaient cette mixte Russo-Mongole que l'ont détecte instantanément par cette rudesse des gestes, du regard, des corps secs et musclés. (Rien à voir avec les Mongoles que j'ai pu voir à Ulaanbaatar.) Les cubes bétonnés remplaçaient la rondeur des gers, les rues étaient larges, quelques badauds se sont retournés sur notre passage. J'étais dans une 4x4 avec Gerry Lee et l'équipe de logistique de Mongolian Expeditions. Le point de départ n'était pas loin. Soudain au contour d'un chemin cahoteux un paysan au ventre nu et bien rond nous faisait des gestes de loin et nous criait des mots qui s'apparentaient à un mauvais tirage au jeu de scrabble avec plein de "yxkuz ..." Il y avait un grand manque de voyelles. Aussitôt notre chauffeur avait réagit et s'était approché. L'homme au ventre rond et ses 2 compères s'étaient approchés un peu trop près du marais où ils avaient l'intention d'en extraire la bonne terre fertile. Alors, nous avons remorqué la vieille camionnette aux écailles bleues ciel. Heureux, leurs petits yeux brillaient de joie et ils secouaient la tête en signe de remerciement... Et voilà que le vrai départ pouvait commencer.
Quelques heures plus tard j'étais devant une plaine qui avait l'air de ne pas s'arrêter, de vouloir faire le tour de la terre.
Seule enfin... ou presque. J'avais avec moi ma charrette...amie ou ennemie?
Je me disais, je le saurai plus tard... je n'avais toujours pas eu le temps de réaliser ce que j'étais sur le point de commencer.

Jour n°7 :
J'étais sous un petit arbre juste assez grand pour me donner de l'ombre... les moustiques de la Selenge River m'ont mangée, dévorée, dégustée avec l'idée qu'elles en reprendraient bien encore un peu...
Après 3 jours de tentative pour approcher la rivière, je m'étais confrontée aux marais, à la végétation dense, mais surtout à des arbres qui ont subi les tempêtes d'hiver. Ils étaient partout, ils jonchaient à moitié le sol, certains étaient coupés à mis-hauteur. J'avais même abandonné ma charrette derrière moi quelques heures, pour voir si une progression sans elle était possible. Puis j'avais pensé au radeau en bois que j'aurais pu faire avec tout ces arbres qui étaient autour de moi... malheureusement le courant n'allait pas dans le bon sens. Je m'étais retrouvée devant un cas de figure où je devais abandonner le rêve de pêcher et de manger du poisson. Je devais donc me séparer de mon matériel incroyable de pêche tout neuf... snif.
Je devais réagir immédiatement... changer tout mon tracer et partir via les montagnes.

Jour n°10 :
Les montagnes m'ont donné leur beauté sauvage. J'y ai rencontré chevreuils, lièvres, écureuils, serpents et quelques bergers solitaires. La montagne m'a fait suer, certains jours je n'avançais que de 4 à 5 km pour 6 heures de montée en poussant ma charrette chargée au maximum d'eau. Des parterres de fleurs multicolores se tendaient et me regardaient pour recevoir une petite caresse comme pour me faire oublier l'effort.

Tout cela était bien là pour une raison... j'avais oublié ce que c'est d'attendre que le soleil descende 6 heures sous un arbre. J'avais oublié de regarder le vent jouer avec les graminées...
L'instant présent m'est arrivé en pleine peau avec le vent.
Sous un baptême de gouttes de sueur fraîche, ma peau de nomade est réapparue et l'énergie du mouvement me rendit fille de cette terre une fois de plus...
 
Sarah de Mongolie
P.S. Ecrit et transmit par email de Erdenet.

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