Premier ravitaillement : 80 jours de marche plus tard

September 14, 2010 par Sarah Marquis   Commentaires (0) Recommander ce blog à vos amis

Bonjour à tous du désert de Gobi

Mon team est parti 2 jours plus tôt de Suisse via Moscou, Ulaanbaatar ( Mongolie ) puis 15 h de 4x4 WD les attendaient encore avant d’arriver au point GPS défini quelques jours plus tôt.
Le soleil se couchait, lorsque, fatiguée de 30 km dans les jambes, je contemplais l’horizon quand, soudain j ‘ai  aperçu un 4x4wd blanc qui semblait arriver de nulle part. Des retrouvailles et des rires ont accompagné cette fin de journée. Le chauffeur qui ne parle que mongole, n’avait pas vraiment compris ce que mon team cherchait dans le désert à la tombée du jour …Mais, c’est pourtant  lui qui m’a repéré le premier dans la roche, pourtant sombre de cette montagne au milieu de cette gigantesque plaine qui correspondait à notre point de rencontre.
Nous avons utilisé un camp de Ger touristique à 2 pas de là comme camp de base. Sans connection à Internet , sans électricité et sans réseau téléphonique, il nous a été difficile de communiquer. Mais Gregory, maintenant de retour, va mettre sur le site des vidéos et photos qu’il a up loader et rapatriées.

Mes sensations : 1er ravitaillement
J’ai manqué d’eau, de nourriture, plus particulièrement de fruits  et de légumes, ici la pomme de terre est considérée comme légume très exotique !
Et d’un seul coup tout était là au même endroit ! J’ai senti enfin l’eau sur mon corps, j’ai entendu à nouveau le bruit que fait la pomme qui se fait manger. J’ai « raccourci » des carottes crues une après l’autre et me suis régalée de pastèque juteuse. Puis j’ai dormi, en  laissant mon corps se reposer sans devoir plier mon camp le lendemain, sans  penser au vent, sans calculer la nourriture qui me reste, sans être limitée dans ma consommation d’eau et sans me protéger des regards. Je suis là, comme dans un autre monde, l’espace de quelques jours. Je me laisse séduire par cette facilité à portée de mains.
Après avoir raconté une partie de mes mésaventures mongoles, partagé mes images qui sont devenues comme les témoins de mes mois de marche, je suis prête pour repartir. Je suis comme remplie à nouveau, rechargée de mots, de bonnes choses qui ont nourri mon corps. J’ai retrouvé des sourires, des rires qui me manquaient dans cette steppe si peu rigolote.

La nature m’a fait sourire, les humains m’ont rendue triste, même si les exceptions ont ponctué mon chemin . Les nomades les plus authentiques ont été comme des soleils, un thé salé partagé, des regards échangés ont nourri des instants privilégiés. Peu de mots ont rempli l’espace lors de ces rencontres, mais mystérieusement tout était dit, dans les gestes, leur manière de bouger, de regarder et de partager. Eux, ont compris que je veux poser mes pas sur leurs terres, y dormir, vivre aux rythmes de la nature avec seulement mes 2 pieds comme support…Les autres m’ont prise pour un fantôme, une clocharde et je ne sais quoi encore dans un pays qui est lourd en superstitions de toutes sortes. La fatalité des steppes, associée au démon dévastateur de la vodka n’a pas aidé lors des traversées de villages où je me ravitaillais. Ainsi va la vie dans la steppe…

Je repars plein sud dans mon très cher Gobi ….

A tout bientôt pour de nouvelles aventures

14 septembre 2010 ,
Traversée de la Mongolie à pied Sarah Marquis  

Chronique n°1
A pied de la frontière Sibérienne
au Sud de la Mongolie (désert du Gobi)

UNE NOMADE VOLONTAIRE

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